Depuis le 1er octobre 2026, Uber, Bolt, Heetch et LeCab complètent le revenu des chauffeurs VTC qui descendent sous 32 € par heure d’activité, contre 30 € jusqu’ici. Annoncée le 29 septembre, cette hausse de 2 € ne vaut que pour octobre et novembre 2026 et répond à la flambée du prix des carburants.
Ce qui change en octobre et novembre 2026
| Avant | Octobre et novembre 2026 | |
|---|---|---|
| Garantie par heure d’activité | 30 € | 32 € (+2 €, soit environ +6,7 %) |
| Durée | Dispositif permanent | Relèvement limité à deux mois |
| Plateformes | Toutes les plateformes VTC | Uber, Bolt, Freenow, Heetch, LeCab |
| Complément moyen versé | Variable | Plus de 200 € par mois, selon les plateformes |
Les plateformes annoncent que le nombre de chauffeurs bénéficiaires devrait doubler : ceux qui gagnaient entre 30 et 32 € de l’heure, jusqu’ici au-dessus du plancher, entrent désormais dans le dispositif. Ces chiffres proviennent des plateformes elles-mêmes et n’ont pas été vérifiés de façon indépendante.
La garantie n’est pas nouvelle. Elle découle de l’accord de décembre 2023, homologué par l’autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE) et applicable à toutes les plateformes depuis le 26 mars 2024. Seul le seuil est relevé, temporairement.
Comment la garantie horaire est calculée
Le calcul se fait sur le mois, pas course par course. Selon les modalités publiées par Uber, l’heure d’activité commence à l’acceptation de la course et inclut donc le temps d’approche, jusqu’à la dépose du passager. Si le revenu du mois, divisé par ces heures, reste sous le seuil, la plateforme verse automatiquement la différence.
Un exemple chiffré
Sur la base de la méthode décrite par Uber : un chauffeur cumule 100 heures d’activité et perçoit 3 050 € sur le mois. Le seuil de 32 € donne 3 200 €, soit un complément de 150 €. Avec l’ancien seuil de 30 €, l’objectif était de 3 000 € et aucun complément n’aurait été versé. C’est le cas typique des chauffeurs qui entrent dans le dispositif grâce au relèvement.
L’accord prévoit aussi un revenu net minimum de 9 € par course (contre 7,65 € auparavant) et de 1 € par kilomètre parcouru en course. Ces montants datent de 2024 : le texte homologué fait foi pour les valeurs en vigueur.
Ce que cette garantie ne compense pas
La mesure n’augmente pas le prix des courses. Elle fonctionne comme un filet de sécurité calculé sur la moyenne du mois : un chauffeur qui dépasse 32 € de l’heure n’en voit aucun effet. Le montant reste aussi un revenu d’activité, pas un bénéfice : carburant, assurance, entretien et cotisations restent à payer ensuite.
Le contexte explique la mesure. Le gazole se situait en moyenne à 2,39 € le litre le 30 septembre 2026, après une hausse d’environ 8 % en un mois. L’organisation Union-Indépendants estime qu’un chauffeur qui roule 6 000 km par mois peut subir près de 300 € de surcoût mensuel. Cette estimation concerne un gros rouleur, alors que le complément moyen annoncé par les plateformes dépasse 200 € et ne profite qu’aux chauffeurs situés sous le seuil. Une organisation de chauffeurs juge d’ailleurs la hausse trop limitée.
Ce qu’il faut vérifier avant la fin novembre
- Suivre ses heures d’activité dans l’application de chaque plateforme, en incluant le temps d’approche.
- Comparer le revenu horaire du mois avec le seuil de 32 €, plateforme par plateforme, puisque le calcul s’applique à chacune.
- Contrôler le versement du complément au début du mois suivant, et réclamer par écrit en cas d’écart, relevés à l’appui.
- Conserver les justificatifs : le complément est un versement de la plateforme, à rapprocher de vos relevés et de votre comptabilité.
Cette garantie complète les autres leviers de revenu : choix des plateformes (voir le comparatif des applications VTC), connaissance de la formation du prix (qui décide du prix d’une course) et suivi des évolutions du cadre légal (réglementations 2025-2027).
Et après novembre ?
Aucune reconduction n’a été annoncée à ce jour. Si le prix du gazole reste proche de 2,40 € le litre, la question d’une prolongation se posera dès décembre, avec un enjeu de fond : faut-il un correctif ponctuel lié au carburant ou une révision durable du plancher horaire ? La réponse dépendra des discussions entre plateformes et organisations de chauffeurs.





