radar de chantier installé porte de Montreuil qui flash à 30 km/h

Radar à 30 km/h sur le périphérique parisien : la limite de trop

Un radar périphérique parisien flashe désormais à partir de 30 km/h porte de Montreuil, depuis le lundi 24 août 2026. Sur un anneau limité à 50 km/h, où la circulation dépasse rarement l’allure d’un vélo aux heures de pointe, le seuil paraît absurde à beaucoup de conducteurs. Les réactions ne se sont pas fait attendre : pour une large partie des automobilistes franciliens, cet appareil ne protège personne, il encaisse. Le sentiment de racket, déjà tenace face aux radars automatiques, trouve ici un cas d’école.

Un radar autonome posté dans une zone de travaux

L’appareil a été repéré par le site spécialisé Radars-auto.com. Il se trouve sur le périphérique extérieur, au point kilométrique 30.960, à hauteur de la porte de Montreuil, dans l’est parisien. Installé sur la gauche de la chaussée, il photographie les véhicules par l’arrière.

Il s’agit d’un radar autonome, cet équipement monté sur remorque que les autorités déploient autour des chantiers. La justification officielle tient en une phrase : protéger les ouvriers qui travaillent à quelques mètres des voies. L’argument s’entend. Il explique mal, en revanche, pourquoi le contrôle est actif en permanence, y compris la nuit et le week-end, quand aucun chantier n’est en activité.

Trente kilomètres-heure sur le périphérique : le seuil de trop

La colère porte moins sur le radar que sur la vitesse retenue. Le périphérique reste un axe de transit, conçu pour absorber plus d’un million de véhicules par jour. Y imposer l’allure d’une zone 30 de quartier résidentiel relève, pour une grande partie des usagers, de la provocation.

Lire aussi :  Guerre des transports en Savoie : taxis, VTC et chauffeurs Uber au cœur des tensions

Sur les réseaux sociaux, l’annonce de l’installation a déclenché des centaines de commentaires. Le pronostic revient en boucle : celui-là va rapporter gros. D’autres ironisent sur les flashs à répétition la nuit venue, transformés en spectacle lumineux. Derrière la plaisanterie affleure une conviction largement partagée, celle d’un dispositif calibré pour le rendement plutôt que pour la sécurité.

Cette exaspération s’est construite par étapes. La vitesse maximale du boulevard périphérique est passée de 90 à 80 km/h en 1993, puis à 70 km/h en 2014, avant de tomber à 50 km/h en octobre 2024. Chaque palier a été présenté comme une mesure de santé publique. Le passage à 30 km/h, même temporaire, agit comme la goutte de trop, d’autant qu’il concerne un axe déjà saturé où le temps de trajet ne cesse de s’allonger.

135 euros pour avoir roulé à la vitesse autorisée trois cents mètres plus loin

Le calcul explique l’ampleur du ressentiment. Une marge technique de 5 km/h s’applique aux vitesses relevées jusqu’à 100 km/h : un véhicule mesuré à 50 km/h se voit retenir 45 km/h, soit un dépassement de 15 km/h. Or, dès que la vitesse autorisée est inférieure ou égale à 50 km/h, le moindre écart bascule en contravention de quatrième classe.

Le barème applicable à cette portion se lit ainsi :

  • dépassement inférieur à 20 km/h : 135 euros, minorés à 90 euros, et 1 point retiré ;
  • dépassement de 20 à 29 km/h : 135 euros et 2 points ;
  • dépassement de 30 à 39 km/h : 135 euros, 3 points et suspension possible du permis ;
  • dépassement de 40 à 49 km/h : 135 euros, 4 points et rétention immédiate du permis ;
  • dépassement de 50 km/h et plus : jusqu’à 1 500 euros et 6 points.
Lire aussi :  L'impact du passage récent du périphérique parisien à 50 km/h

Concrètement, un conducteur qui traverse la zone à l’allure parfaitement légale sur le reste de l’anneau repart avec 135 euros et un point en moins. À 70 km/h au compteur, une vitesse pourtant inférieure à la limite du périphérique d’avant 2014, ce sont trois points qui disparaissent. Difficile, dans ces conditions, de convaincre les automobilistes franciliens que la sécurité routière prime sur la recette.

Avatar photo
Christophe

Après 15 ans dans l’informatique, j’ai décidé de devenir chauffeur privé à Paris. Spécialisé dans les transferts aéroportuaires depuis 2011, je suis passionné d’automobile et de mécanique. je partage au quotidien mes connaissances ainsi que toutes sortes de bons plans.