À partir du 1er janvier 2027, les plateformes numériques doivent calculer, prélever et reverser à l’Urssaf les cotisations sociales des micro-entrepreneurs qui travaillent par leur intermédiaire. Pour un chauffeur VTC, cela signifie que le montant reçu sur son compte sera déjà net de cotisations, et que la déclaration mensuelle ou trimestrielle de ces revenus disparaît.
Le calendrier du prélèvement
Le dispositif s’applique en deux temps, d’après le portail Service-Public Entreprendre (page mise à jour le 15 septembre 2026) :
- Depuis le 1er octobre 2026 : sept plateformes volontaires l’appliquent déjà, dont Uber Eats, Wecasa, Les Sherpas, Extracadabra, Mon Spécialiste Auto, Student pop et Truckrs. Aucune application de VTC ne figure dans cette liste.
- À partir du 1er janvier 2027 : toutes les plateformes numériques sont concernées. Les applications de transport de personnes entrent donc en principe dans le champ.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, en discussion à l’automne, reprend cette généralisation. Le texte final et la liste exacte des plateformes restent à confirmer : l’Urssaf et les communications de chaque application feront foi.
Comment le prélèvement fonctionne
Chaque mois, l’Urssaf transmet à la plateforme le taux à appliquer, qui regroupe les cotisations, les contributions et, si l’option a été choisie, le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. La plateforme prélève ce montant sur chaque paiement, déclare ensuite le chiffre d’affaires du mois et reverse les cotisations. Les déclarations apparaissent sur l’espace en ligne de l’Urssaf, sans démarche supplémentaire.
Ni les taux ni le statut ne changent. Seul le mode de collecte évolue. Pour les prestations de services commerciales, le taux de cotisations est de 21,2 % en 2026, selon les barèmes publiés : le taux applicable à une activité VTC dépend de la catégorie déclarée à l’immatriculation.
La base de calcul inclut la commission
Le prélèvement porte sur le chiffre d’affaires, commission de la plateforme comprise, sans déduction des frais. Un exemple chiffré, à titre d’illustration :
| Ligne | Montant |
|---|---|
| Courses facturées sur le mois | 4 000 € |
| Commission de la plateforme (25 % supposés) | 1 000 € |
| Cotisations prélevées (4 000 € × 21,2 %) | 848 € |
| Montant versé au chauffeur avant frais | 2 152 € |
Le chauffeur ne reçoit donc pas « 3 000 € moins 21,2 % », mais 3 000 € moins 848 €. Cette différence de base pèse sur la trésorerie, surtout si la commission est élevée.
Ce que le prélèvement ne règle pas
La plateforme ne couvre que les revenus qui passent par elle. Restent à déclarer et à payer directement à l’Urssaf :
- le chiffre d’affaires réalisé hors plateforme (clients directs, courses réglées en dehors de l’application) ;
- les revenus tirés d’une plateforme qui n’applique pas encore le dispositif ;
- un mois à zéro via la plateforme, qui doit tout de même être déclaré à 0 € par le micro-entrepreneur, selon les informations publiées sur l’exemple d’Uber Eats.
Déclarer et payer deux fois les mêmes revenus revient à un double paiement. En cas de désaccord sur un prélèvement, la première étape consiste à contacter l’Urssaf.
Les bons réflexes avant janvier
- Réserver une trésorerie : les virements baisseront du montant des cotisations, désormais retenu immédiatement.
- Séparer les flux : un compte professionnel dédié facilite le suivi des revenus de plateforme et des autres encaissements (comparatif des comptes pro).
- Vérifier la cohérence des déclarations avec les relevés mensuels de la plateforme, qui servent de base à l’Urssaf.
- Anticiper les autres réformes du calendrier 2026-2027, notamment la facturation électronique et la fin de certaines simplifications de TVA.
Les chauffeurs exerçant en société ne sont pas concernés, puisque le dispositif vise les micro-entrepreneurs. Pour mesurer ce que cette réforme implique sur le terrain, l’analyse de qui doit payer le vrai coût du travail des chauffeurs apporte un éclairage complémentaire, et le panorama des réglementations 2025-2027 replace le prélèvement dans l’ensemble du calendrier.
Une réforme qui déplace la question du statut
En supprimant la déclaration des revenus de plateforme, le prélèvement rend le régime micro plus simple au quotidien. Il réduit aussi la marge de manœuvre sur le moment du paiement et rend les revenus plus lisibles pour l’administration. Reste à observer si cette transparence nouvelle changera l’arbitrage entre micro-entreprise et société pour les chauffeurs dont les charges sont élevées.





