Uber, Bolt, Heetch, Marcel… Les plateformes VTC se multiplient et chaque chauffeur se pose la même question : sur laquelle miser pour gagner correctement sa vie ? La vraie réponse, c’est qu’il ne faut justement pas en choisir qu’une seule. Décryptage d’une stratégie multi-plateformes qui peut vraiment faire la différence sur vos revenus.
C’est quoi exactement une plateforme VTC ?
Une plateforme VTC, c’est votre carnet d’adresses digital. Au lieu de chercher des clients dans la rue (qui, au passage, est interdit par la loi) ou de compter uniquement sur le bouche-à-oreille, l’application mobile connecte directement les chauffeurs partenaires avec les passagers qui ont besoin d’un transport.
Le principe est simple. Le client commande une course sur son téléphone, la plateforme trouve un chauffeur disponible dans le coin, et le paiement se fait directement via l’appli. Vous vous connectez quand vous voulez pour réaliser des courses, la plateforme prend une commission sur chaque trajet mais s’occupe de tout le reste.
Les avantages sont clairs : vous commencez à travailler sans avoir à constituer votre propre clientèle, vous choisissez vos horaires librement, et tout est géré via l’application.
Mais les inconvénients existent aussi. Les plateformes prennent des commissions importantes (parfois jusqu’à 45%), vous dépendez de leur système et de leur tarification pour avoir des courses, les règles peuvent changer du jour au lendemain, et la protection sociale est inexistante. C’est d’ailleurs pour ça que de plus en plus de chauffeurs cherchent des solutions plus stables, comme les coopératives VTC.

Les géants internationaux qui dominent le marché
Uber reste le leader incontesté avec plus de 80% de parts de marché en France. Plus de clients, donc plus de courses, mais des commissions élevées qui oscillent entre 25% et 45% selon la zone, l’heure et le type de course. La plupart des nouveaux chauffeurs VTC commencent par là, c’est presque un passage obligé.
Bolt gagne du terrain avec des commissions plus basses : 22,8% en Île-de-France et 20% dans les autres régions. Présent dans plus de 40 pays, Bolt attire de plus en plus de chauffeurs qui y trouvent moins de courses qu’Uber mais gagnent souvent plus par course grâce aux commissions réduites.
Les acteurs français qui se démarquent
Heetch, né en France, est particulièrement actif le soir et la nuit. Avec une commission moyenne de 18% (qui peut descendre jusqu’à 14% pour les indépendants), le service client répond vite et l’ambiance est plus décontractée. Parfait pour ceux qui bossent en soirée et le weekend.
Free Now propose également une commission fixe de 18%, mais avec un gros avantage : seulement 2% de commission sur les clients pris dans la rue. Une aubaine pour ceux qui savent se positionner aux bons endroits.
LeCab, anciennement Marcel après son rachat en 2024, se concentre sur Paris et sa région en visant le haut de gamme. Commission à 23%, moins de courses mais mieux payées, avec des clients souvent professionnels. Si vous cherchez la qualité plutôt que la quantité, c’est une bonne option.
Le comparatif des commissions qui tue
Parlons chiffres sans langue de bois. Voici ce que chaque plateforme prélève réellement :
Uber : 25% à 45% – Variable selon la zone, l’heure et le type de course. Ça peut faire très mal sur certaines courses.
Bolt : 20% à 22,8% – Plus stable et prévisible, avec 22,8% en Île-de-France et 20% ailleurs.
Heetch : 18% en moyenne – Avec des variations : environ 14% pour les indépendants, 23% pour les chauffeurs en flotte.
LeCab : 23% – Appliquée uniquement sur le prix de la course, sans frais cachés.
Free Now : 18% – Avec le bonus à 2% seulement pour les clients pris dans la rue.
Mais attention, ces chiffres ne disent pas tout. Une commission plus élevée sur une plateforme qui vous donne beaucoup de courses peut être plus intéressante qu’une commission basse avec peu de clients. Il faut calculer vos revenus nets, pas juste regarder les pourcentages.
Les conditions d’inscription à connaître
Toutes les plateformes exigent les mêmes documents de base : carte VTC, permis de conduire, pièce d’identité, casier judiciaire, photo de profil. Mais les critères sur les véhicules varient pas mal.
L’âge maximum du véhicule oscille entre 4 et 7 ans selon les plateformes. Uber et Heetch acceptent jusqu’à 7 ans, Free Now limite à 6 ans, et Wheely descend à 4-5 ans selon les catégories.
Côté dimensions, les critères sont assez standards : minimum 4,5m × 1,7m, 4 portes minimum, puissance de 84kW minimum, de 4 à 9 places selon les modèles.
Wheely et LeCab imposent des modèles spécifiques haut de gamme : BMW Série 5, Mercedes Classe E ou Mercedes Classe V. Pas question de bosser avec une Toyota CHR sur ces plateformes premium.

Quand utiliser quelle plateforme ?
Chaque plateforme a ses moments de gloire. Le soir et le weekend, Heetch est souvent plus rentable avec une forte demande et des tarifs majorés. En journée, Uber garantit un flux constant de courses en centre-ville.
Pour les trajets aéroport, LeCab et Wheely offrent de meilleurs marges sur ces longues distances. Aux heures creuses, Free Now propose souvent des bonus pour maintenir les chauffeurs actifs.
La stratégie gagnante ? Adapter ses plateformes selon les heures. Uber + LeCab le matin pour la clientèle business, Heetch + Bolt le soir pour le volume, Wheely + Uber le weekend pour mixer premium et quantité.
Les zones et créneaux qui rapportent
Les grandes villes concentrent le plus de courses : Paris, Lyon, Marseille et les autres métropoles. Les zones aéroportuaires offrent des courses régulières avec des tarifs plus élevés. Les zones d’affaires génèrent une demande soutenue en semaine aux heures de bureau. Les quartiers festifs explosent en soirée et le weekend.
Côté timing, les heures de pointe (7h-9h et 17h-19h) sont rentables sur toutes les plateformes pour les trajets domicile-travail. Les soirées du jeudi au samedi entre 22h et 4h cartonnent sur Heetch et Uber. Les matinées de weekend voient des départs en weekend et des trajets vers les aéroports. Les événements spéciaux (salons, concerts, matchs) génèrent des pics de demande.
La stratégie multi-plateformes qui rapporte
Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, c’est devenu LA stratégie gagnante. S’inscrire sur plusieurs plateformes permet de réduire les temps d’attente entre les courses, stabiliser ses revenus et s’adapter aux variations de la demande.
Commencez par maîtriser une seule plateforme pendant environ un mois. Une fois à l’aise, ajoutez-en une deuxième. Investissez dans un bon support pour gérer plusieurs téléphones et suivez régulièrement vos revenus par plateforme.
Certaines combinaisons fonctionnent particulièrement bien. En matinée, Uber + LeCab cible la clientèle business. Le soir, Heetch + Bolt profite d’une forte demande. Le weekend, Wheely + Uber alterne courses premium et volume.
Optimiser son activité au quotidien
Pour maximiser vos revenus, quelques techniques simples fonctionnent bien. Connectez-vous sur plusieurs plateformes quand c’est calme. Repérez les événements qui attirent du monde. Identifiez les zones qui marchent selon les heures. Adaptez vos horaires aux moments les plus rentables.
Prenez un moment chaque semaine pour analyser vos chiffres : revenus par plateforme, créneaux horaires les plus rentables, zones qui rapportent le plus. Ces données vous permettront d’ajuster votre planning.
Le choix de votre véhicule est crucial pour votre rentabilité. Bien comparer entre louer ou acheter, et dans tous les cas, un entretien régulier vous évitera des pannes coûteuses. Protégez aussi votre activité avec les bonnes assurances VTC.
La protection sociale, le grand absent
Malgré tous ces avantages, les plateformes n’offrent pas de véritable protection sociale. Vous êtes indépendant, donc pas de congés payés, pas de chômage, pas de mutuelle d’entreprise.
C’est pourquoi certaines solutions émergent, comme le statut de chauffeur salarié multi-plateformes. L’idée ? Garder la liberté de travailler avec différentes applications tout en bénéficiant de la sécurité d’un CDI et d’une protection sociale complète.
Un modèle hybride qui pourrait bien représenter l’avenir du métier dans un futur proche.
Se lancer dans le VTC ne se résume pas au choix d’une seule plateforme. Combiner plusieurs applications permet d’avoir plus de courses et des revenus plus stables. L’important est de choisir celles qui correspondent à vos objectifs et de bien analyser vos résultats pour ajuster votre stratégie.








